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    L’odorat utilisé initialement pour pouvoir chasser et s’informer était directement lié à une fonction de survie. On le considère parfois à tort, de nos jours, comme ayant une fonction plus «futile» et hédonique. Pourtant il faut savoir que l’odorat possède la mémoire la plus directe, les odeurs inhalées atteignent directement le cerveau émotionnel, qui gère notre affect et qui réceptionne et mémorise nos émotions. Ce qui explique pourquoi l’odorat est le sens qui procure les émotions les plus intenses et directes. Si nous vivons dans une société occidentale progressivement dominée par les nouvelles technologies, le designer graphique peut souhaiter réintroduire du sensible, re-solliciter les sens, les souvenirs et les émotions qui y sont attachées. Bien au delà de ces aspects d’ordre affectif, il convient peut-être de refaire confiance et de stimuler les potentialités naturelles de l’individu, notamment de ses capacités cognitives.

    Les odeurs, invisibles et volatiles, agressives ou apaisantes, sont autant d’émanations qui nous permettent d’appréhender nos contextes au quotidien. Le designer peut ainsi participer à produire du sensitif, du sensible. Il ne s’agit pas d’une démarche passéiste qui nierait les extraordinaires progrès menés par les nouvelles technologies, mais d’une position qui souhaiterait continuer à s’attacher à cette part de l’individu qu’est l’affect. L’odorat étant justement un sens intimement lié à l’affect de par son fonctionnement et les réminiscences qu’il suscite, me semble être un excellent médium. Il permettrait de solliciter l’aspect fondamental de la mémoire olfactive dans notre monde où la vision est prédominante.

    Alexia Roux, DSAA Design Graphique, diplômée de la session 2014, lycée des Arènes.