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    Presque rien est une urgence.
    Parce que presque rien est politique et que le politique est la moindre des choses.
    Le presque rien est collectif et commun.
    Le presque rien est populaire. Il est radical.
    Le presque rien est humain, comme l’erreur et le doute.
    Presque rien c’est aussi une marge, c’est aussi une poche.
    Une poche de résistance.
    Presque rien est vivant et la plupart du temps survivant.
    Peut être qu’il est perdu, peut être que rien n’est perdu.
    Le presque rien est imperceptible.
    C’est du presque blanc (ou du blanc presque gris).
    Un presque rien est poétique, magique, imaginaire.
    Presque rien c’est la barque dans la brume d’Ozu,
    L’errance de Sharunas Bartas, les flaques de Tarkovsky.
    Les listes de Sei Shonagon. Le silence de John Cage.
    Presque rien de Luc Ferrari.
    Il peut être un événement, une rencontre, un phénomène…
    Peut être qu’il se fête.
    Un presque rien comprend le temps, l’instant.
    Il peut être à venir, il peut avoir lieu.
    Les presque riens sont nos gardes-fous, ils sont nos impératifs, ils sont nos fondateurs. Nos presque riens sont parfois trop pour d’autres. Toutefois ils appartiennent à ceux qui savent voir, à ceux qui savent «voir le voir».
    Reste à les désigner, à les suggérer, les crier, les offrir.
    Parce que presque rien n’est impossible.

    Présentation : ici
    Recherche & production : http://presquerien.yannott.com
    Workshop animé par Yann Ott, 2013.
    BTS & DSAA Design Graphique 2e année, lycée des Arènes.